
Ce n'est pas sa plus drôle, et c'est pourquoi elle est peu connue. Mais son message m'avait fort impressionné, il y a plus de 40 ans... Texte introuvable, il a donc été audio-digitalisé par votre serviteur (avec ses petits doigts musclés). Qu'est-ce qu'on dit ?????
Le Brassard :
- - Non, monsieur, j’vous dis que vous passerez pas ! Vous ne passerez pas. Les chars fleuris doivent défiler à 5 heures cet après midi, et à partir de 2 heures, monsieur, on m’a indiqué de mettre une barrière ici, sur la petite rue adjacente au boulevard où va passer les chars fleuris.
- - Mais écoutez, monsieur, écoutez, soyez gentil. Je suis docteur, je dois aller sauver une jeune fille qui va peut-être mourir dans... dans 20 minutes. Il faut que je lui apporte de l’oxygène.
- - Ah non monsieur, vous passerez pas. Je suis fonctionnaire, moi (*) et on m’a indiqué qu’à partir de deux heures, aucune voiture devrait passer. Voilà.
- - Oui mais écoutez, m’sieur, justement : c’est deux heures…
- - Ah non ! Vous, civil, c’est deux heures, mais pour moi, fonctionnaire, c’est deux heures une. (*) Vous ne passerez pas ! Moi je risque rien. Regardez, aujourd’hui je suis quelqu’un : j’ai un brassard, avec le tampon de la mairie. Vous ne passerez pas. Aujourd’hui, je suis quelqu’un.
- Mais écoutez… c’est ridicule.- - C’est ridicule, mais c’est comme ça. Savez-vous ce que c’est d’être un petit fonctionnaire toute l’année : baisser la tête devant son sous-chef toute l’année, qui lui même, le sous-chef, baisse l’échine devant le chef. Et le chef qui met un genou en terre devant le sous-directeur, le sous-directeur qui met les deux genoux en terre devant le directeur, (*) le directeur qui baisse l’échine devant le secrétaire de ministre, le secrétaire de ministre qui se met à plat ventre devant le ministre, et le ministre qui se met sous la carpette devant le président ! Et tout le monde baisse la tête sauf moi ! Aujourd’hui je suis quelqu’un ! Regardez : j’ai mon brassard, avec le tampon de la mairie !
- - Ecoutez, moi qui suis docteur... que de palabres, de discussions… on a perdu du temps, laissez moi passer !
- - Non ! Vous ne passerez pas ! À partir de deux heures, personne doit passer. Vous pouvez porter plainte contre moi, je ne risque rien, je suis fonctionnaire ! J’ai le bouclier de la Loi. Le juge me donnera raison. Vous m’entendez ?
- - Oui je vous entends, mais c’est ridicule qu’une jeune fille… J’allais pas loin, voyez : je prenais le boulevard de la Liberté, et je tournais à gauche… Pas à gauche parce qu’il y a la rue de l’Égalité… mais c’est une impasse (*+applaud) et j’allais rue de la Fraternité. J’allais au numéro double zéro, au sous sol.
- - Mais, mais c’est là où j’habite, moi. Mais, c’est pt’être ma fille, alors ?
- - Bin oui, certainement !
- - Mais passez vite, alors !
- - Mais vous m’avez dit que… vous n’aviez pas le droit !
- - Ah bin oui, mais, entre fonctionnaires, on s’aide un peu, y’a des clins d’œil, on s’arrange entre nous (*+applaud)
- - Non, depuis le temps que vous m’expliquez que vous avez raison et que vous avez un brassard avec le tampon de la mairie qui vous donne tous les droits, c’est trop tard maintenant, vous pouvez le mettre en deuil, votre brassard…
(*) rires
La niaiserie du fonctionnaire ressemble à s'y méprendre à la sottise des contrôleurs de frontière, que l'on voit ici dans leurs œuvres, et il n'y a plus de quoi rigoler : "nous, on est des êtres humains, eux, c'est des animaux !"
La démocratie selon Israël
envoyé par Mecanopolis
à voir aussi :
La plupart des gens acceptent de torturer s'ils s'en font donner l'ordre
PsychoMédia - Publié le 21 décembre 2008
Près de 50 ans après la célèbre expérience de Milgram, un psychologue social américain l'a reproduite et a constaté que les gens sont toujours aussi disposés à administrer à d'autres ce qu'ils croient être des chocs électriques douloureux quand ils se le font demander par une figure d'autorité.Dans l'expérience de Stanley Milgram de l'Université Yale, publiée en 1963, des volontaires, croyant qu'ils testaient les effets de la punition sur l'apprentissage, administraient ce qu'ils croyaient être des chocs électriques, d'intensités de plus en plus grandes, à une autre personne (qui était en fait un acteur) se trouvant dans une pièce séparée.
/... Suite de l'article
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Lorsqu'ils sont sous pression, les gens peuvent faire des choses effrayantes, dit l'auteur. Bien qu'il soit difficile de transposer ce travail de laboratoire dans le monde réel, dit-il, le phénomène démontré peut expliquer partiellement que, dans des temps de conflit, les gens puissent prendre part à des génocides.
Le phénomène, mentionne l'auteur, n'est pas étranger à la culture de la société. Culture où le conformisme est une valeur dominante.
Ces résultats sont rapportés dans le numéro de janvier de la revue American psychologist.
Psychomédia avec sources:
American Psychological Association
BBC

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