jeudi 19 mars 2009

Le pape lynché par les ânes


Les propos du pape Benoit soulèvent l'émeute médiatique, avec pour titre racoleur :

Benoît XVI: l'utilisation du préservatif «aggrave le problème» du sida


Unanimité des bien-pensants, haro sur le pape, c'est à la mode surtout depuis les affaires fumeuses de réhabilitation de divers intégristes.
Et même François Bayrou qui tombe dans le panneau en déclarant sur Canal+ :
"On est là sur un continent dans lequel il y a des dizaines de millions de femmes et d'hommes qui sont atteints par la mort. Il me semble que ça n'est pas le lieu des rappels purement moraux. On doit aussi prendre la mesure de ce qui se passe", a-t-il ajouté à propos des déclarations de Benoît XVI en Afrique affirmant que l'usage du préservatif aggraverait le problème du sida.
Ce que Benoit n'a JAMAIS dit, même si on comprend à moitié l'italien. Il condamne la "distribution de préservatifs" comme slogan miracle et comme seul moyen de lutte contre un fléau qui n'est pas du tout minimisé dans son intervention. Au contraire, il encourage les congrégations qui agissent sur le terrain avec les malades, et qui, aux dires des témoins sur place, distribuent des préservatifs à tout va.

Les commentaires de la plupart des journaux et politiciens ne reposent que sur un vieux fantasme datant de Jean-Paul : "le pape interdit le préservatif, il veut nous interdire de baiser librement"... ce qui n'est plus à l'ordre du jour.

En gros, à force de promouvoir la sexualité des bonobos, l'humanité se perd, préservatif ou pas. J'ai jamais compris en quoi le débridage du coït à tout va était un progrès pour l'humanité... Faudrait m'expliquer.


Les papes s'adressent à leurs ouailles, dans la logique du message transcendantal de l'Église, et pas aux juristes ou aux politiciens.

Donc le message est "Œuvrons pour permettre aux humains d'éviter de se mettre dans des situations où le préservatif leur serait nécessaire". Je n'ai jamais entendu un pape proclamer : "niquez à tout va mais faites le surtout sans préservatif".


Faire le procès à Benoit de vouloir l'extermination des pécheurs par la maladie est tout de même fort de café. Même si certaines positions récentes du Vatican peuvent à juste raison émouvoir les catholiques par leur teneur rétrograde, on a quand même là un chef de l'Église qui parle dans son domaine de compétence !

L'amalgame est détestable, s'il doit accréditer une fausse traduction qui arrange bien les anti-papistes. S'il a pu commettre des paroles ambiguës par rapport aux intégrismes internes à l'Église, je vois mal un pape préconiser le suicide de l'humanité...

  • Pour revenir au texte prononcé, mon analyse paraphrasante est la suivante :

- si l'on se contente de balancer des stocks de préservatifs (par avion ?) sans se préoccuper des autres aspects mis en avant par la pape (l'âme = la transcendance humaine ou l'assistance = la charité), on ne règle pas le fléau mais on risque de l'aggraver en laissant croire que tout celà est sans risque.
- Ce n'est pas l'utilisation des préservatifs qui est visée, d'ailleurs largement distribués par les bonnes sœurs sur place, mais l'accompagnement humain et spirituel indispensable selon le pape pour venir à bout de cette épidémie.
Le slogan publicitaire que le pape incrimine pourrait être "y'a ka les inonder de préservatifs et l'affaire est réglée".

Je me demande par contre qui aurait prétendu des choses pareilles ? ?

- L'ensemble de la réponse du pape est orientée vers la valorisation des efforts faits par les communautés catholiques sur place auxquelles il rend un hommage appuyé. Je ne vois rien dans son texte qui rappelle une interdiction quelconque (d'ailleurs de quel droit : "mon royaume n'est pas de ce monde" disait l'autre), ni la moindre pudibonderie que l'on affuble depuis Jean-Paul à tous les discours sur la sexualité tenus par l'Église.

"commentaire vu sur Libé"
Gvidon
Hypocrites
Médecin en République Démocratique du Congo de 2001 à 2004,j'ai travaillé dans des hopitaux et dispensaires catholiques et on y distribue des préservatifs par milliers en sus de soins de trés bonne qualité et totalement gratuit dans un contexte trés difficile,le pape le sait trés bien il ne fait que rappeller la doctrine de l'Eglise à l'égard du préservatif.Tout les hypocrites qui hurlent à l'assassins le savent trés bien,c'est juste un bon prétexte pour taper sur l'Eglise et sur un pape qui méprise visiblement la communication.Les habitants de pays sinistrés par le sida savent ce que l'Eglise catholique fait pour eux.Les criminels se sont les géants pharmaceutiques occidentaux.
jeudi 19 mars à 08h43


Quand j'étais petit, le médecin chef nous a fait un cours sur les MST (y'avait pas encore de SIDA)... et on retenait que la syphilis était un fléau mortel évolutif, qu'il valait mieux éviter, même avec la pénicilline. Il n'était pas particulièrement papiste pour autant, mais il éduquait de grands adolescents à ne pas prendre de risque stupide pour une passe par ci par là. C'était juste après mai 1968. . .



Voici l'intégralité de l'interview du Pape sur cette question, disponible en italien sur le site du Vatican :

Philippe Visseyrias de France 2:
Q. - Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l'Église catholique sur la manière de le combattre est souvent considérée comme irréaliste et inefficace. Vous pencherez-vous sur cette question au cours de ce voyage?

R. - Je dirais l'inverse: je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est l'Église catholique, avec ses mouvements, avec ses diverses réalités.

Je pense à la Communauté de Sant'Egidio, qui fait tant, de façon visible et invisible, dans la lutte contre le sida, aux Camilliennes à toutes les sœurs qui sont disponibles pour les malades ...

Je dirais que ce problème du Sida ne peut pas être vaincu avec un slogan publicitaire. S'il n'y a pas d'âme, si les Africains ne sont pas aidés, vous ne pouvez pas résoudre le fléau avec la distribution de préservatifs, au contraire, le risque est d'accroître le problème.

La solution peut être seulement dans un double rendez-vous: le premier, une humanisation de la sexualité qui est une rénovation spirituelle et humaine qui donne avec elle-même une nouvelle façon de se comporter les uns avec les autres et en second lieu, une amitié vraie aussi et surtout pour les personnes qui souffrent, de la disponibilité, même avec des sacrifices, avec des renoncements personnels, pour être avec les souffrants. Et ce sont ces facteurs qui aident et qui apportent des progrès visibles.

Par conséquent, je dirais que notre double force de renouveler l'homme intérieur, de donner une force spirituelle et humaine pour un comportement correct sur son corps et celui des autres, et cette capacité de souffrir avec la souffrance, d'être présent dans des situations d'épreuve.
Il me semble que c'est la bonne réponse, et l'Église le fait, et offre ainsi une grande et importante contribution. Nous remercions tous ceux qui le font.
(traduction par mes soins . . .)
ici une traduction plus "officielle"

pour les italophones, voici la phrase incriminée en VO :

Direi che non si può superare questo problema dell’Aids solo con slogan pubblicitari. Se non c’è l’anima, se gli africani non si aiutano, non si può risolvere il flagello con la distribuzione di preservativi: al contrario, il rischio è di aumentare il problema.

samedi 28 février 2009

Comité Balladur : 20 propositions inégales et parfois insuffisantes

C'est un enjeu majeur pour faire revivre nombre de territoires abandonnés de tous : l'opportunité n'a pas été saisie par l'éminent comité Balladur puisque l'on nous propose des mesures pour renforcer encore les pôles métropolitains les plus dynamiques (certes entravés par les lourdeurs de notre système de mille-feuille institutionnel) et pratiquement rien pour le tiers de la population française qui "occupe" encore les territoires en voie de paupérisation totale !

Plus de 21 millions d'habitants (1/3 des français) occupent encore les 1740 "unités urbaines et rurales" qui comptent entre 1.000 et 60.000 habitants. Parlez de Toul, Chaumont, Lunéville, Vitry le François, Saint-Dizier, Nontron, Montmorillon, Guéret, Mazamet, Argentan, Landerneau, Tulle, Guingamp. . . . et une grande tristesse vous envahit ! Voyez ces petites villes moribondes, leurs centres vidés de toute substance par la grande surface du coin, par la disparition des services publics, tribunaux, hôpitaux, inaptes à donner à leurs habitants l'enthousiasme nécessaire aux sorties de crise. Les propositions "Balladur" qui les concerneraient sont bien trop timides pour sortir ces territoires de la torpeur qui s'aggrave avec l'impuissance des organisations territoriales imbriquées !

Il leur faut d'abord de la considération, puis leur donner les institutions démocratiques locales simples et munies de toute l'efficacité nécessaire :

  • - un niveau communal de la taille des anciens cantons ou intercommunalités (3 à 4.000 au lieu de 36.000), avec pour les anciennes "paroisses" une délégation de compétences limitée et variable suivant la taille de ces entités (principe de subsidiarité : ce que je ne peux faire ici est délégué au niveau supérieur)
  • - un niveau départemental plus petit que l'actuel, avec conseil général ou conseil d'arrondissement assumant la coordination de proximité, et dont les limites sont revues en fonction de la réalité des zones d'emploi et des bassins de vie. Les métropoles et très grandes villes peuvent cumuler les compétences au sein d'une seule assemblée démocratiquement élue.
  • - Le niveau régional pour assurer l'équité nécessaire entre les différents territoires, l'aménagement du territoire en somme. Point n'est besoin de rétrograder les capitales régionales les plus fragiles car même le Limousin est plus peuplé que Malte ou le Luxembourg, dont personne ne dit qu'ils sont illégitimes par défaut de grosseur !
D'une façon plus générale, l'ambiance de ces rapports et la communication de l'éminent ancien 1er ministre me laissent trois désagréables impressions :
  • Le projet de France future qui est en filigrane de ces propositions n'est pas le nôtre : c'est celui d'un pays arrogant qui veut, par la manipulation des entités statistiques, figurer en meilleure place dans les classements mondiaux dont se rengorgent les technocrates de tout poil, mais dont la France profonde se contrefout s'il s'agit seulement de conforter le Cac40. D'où une certaine priorité qui apparait dans la constitution des métropoles -dont le Gross-Paris, ou encore la lancinante question de la taille prétendue optimale des régions.
  • Aucun enthousiasme ne se dégage de ces propositions, mais seulement une grande tristesse et de quoi inquiéter les frileux conservateurs qui préfèrent un tiens à deux "tu l'auras". Rien qui ressemblerait à un grand chantier de mobilisation générale.
  • Les tergiversations annoncées promettent ici encore des reculs en série conduisant probablement à un charcutage électoral sans grande conséquence sur l'avenir de nos régions.

Chargez ici mon analyse complète ;-)



LES 20 PROPOSITIONS DU COMITÉ
26 février 2009
en rose : les propositions refusées par les membres PS du comité

Proposition n° 1 : favoriser les regroupements volontaires de régions et la modification de leurs limites territoriales, pour en réduire le nombre à une quinzaine.
Certaines régions françaises sont moins peuplées que leurs homologues européennes, et leur périmètre est parfois contesté. L’objectif est de leur donner une taille critique de 3 à 4 millions d’habitants. Pour faciliter les regroupements de régions, il est proposé de simplifier la législation en prévoyant que suffiront, dans les régions qui le souhaitent, soit l’assentiment des conseils régionaux, soit un référendum. Pour les modifications des limites des régions, il est proposé que le vote du Parlement ne soit plus requis mais que suffisent les délibérations concordantes des régions et départements concernés, assorti d’un avis favorable des conseils généraux des départements de chaque région.

Proposition n° 2 : favoriser les regroupements volontaires de départements par des dispositions législatives de même nature que pour les régions.
Il n’existe, dans le droit actuel, aucune disposition prévoyant la procédure à suivre lorsque deux départements, ou plus, souhaitent se regrouper. Or, certains départements manifestent cette volonté. Il est donc proposé de transposer aux départements la législation envisagée pour favoriser les regroupements de régions.

Proposition n° 3 : désigner par une même élection, à partir de 2014, les conseillers régionaux et départementaux ; en conséquence supprimer les cantons et procéder à cette élection au scrutin de liste.
Afin de renforcer le rôle des régions tout en les rapprochant des départements et en modernisant le mode d’élection des représentants de la population à chacun de ces deux niveaux d’administration territoriale, il est proposé de procéder simultanément à cette élection, dans le cadre d’un scrutin de liste proportionnel à deux tours assorti d’une prime majoritaire. Les listes présentées le même jour aux suffrages comporteraient autant de candidats que de sièges à pourvoir dans les conseils départementaux. Les premiers de liste seraient, dans une proportion à déterminer en fonction de la population, désignés pour siéger au conseil régional et au conseil départemental, les suivants de liste siégeant exclusivement au conseil départemental. Il s’en déduit que les cantons, même redessinés, seraient des circonscriptions électorales inadaptées. L’élection se déroulerait donc dans le cadre de circonscriptions infra départementales, de manière à ce que l’identité des territoires continue à être prise en compte à l’échelon départemental et le soit mieux qu’elle ne l’est aujourd’hui au niveau régional.

Proposition n° 4 : achever, avant 2014, la carte de l’intercommunalité.
Presque toutes les communes françaises sont membres d’un groupement de communes, mais, dans certaines régions, la carte de l’intercommunalité demeure inachevée. Il convient que les communes qui ne sont membres ni d’une communauté urbaine, ni d’une communauté d’agglomération ni d’une communauté de communes rejoignent, avant 2014, la forme de groupement correspondant à l’importance de leur population.

Proposition n° 5 : rationaliser, avant 2014, la carte des syndicats de communes.
Afin de simplifier le fonctionnement des administrations locales et de diminuer le nombre des échelons d’administration, il est proposé qu’avant 2014, tous les SIVOM et SIVU soient, lorsque leur périmètre correspond à celui d’un groupement de communes, absorbés par celui-ci et que soient précisées les conditions d’adhésion des communes à des syndicats dont le périmètre ne recoupe que partiellement celui du groupement de communes auquel elles appartiennent.

Proposition n° 6 : ne plus créer de nouveaux « pays » au sens de la loi du 4 février 1995.
La plupart des « pays » ont été des structures de préfiguration des groupements de communes. Ils ont, pour l’essentiel, rempli leur office. Il est donc proposé de proscrire la constitution de nouveaux « pays » au sens où le prévoyait la loi du 4 février 1995.

Proposition n° 7 : instaurer l’élection des organes délibérants des EPCI à fiscalité propre au suffrage universel direct, en même temps et sur la même liste que les conseillers municipaux.
La plupart des groupements de communes exercent, en fait, des compétences très larges, en lieu et place des communes qui les constituent. Or, les organes délibérants de ces groupements ne procèdent que du suffrage indirect. Il est proposé d’étendre le champ de la démocratie locale en prévoyant que les membres de ces organes délibérants soient élus au suffrage direct, en même temps et sur la même liste que les conseillers municipaux, les premiers de liste ayant vocation à siéger au conseil de l’intercommunalité et au conseil municipal de leur commune, les suivants de liste siégeant exclusivement dans leur conseil municipal. Afin que toutes les communes soient représentées dans des conditions satisfaisantes au conseil communautaire, il serait prévu que les critères démographiques de représentation seraient assortis d’une disposition permettant que chaque commune dispose au moins d’un représentant au conseil communautaire. Il se déduit de tout ce qui précède que les mandats exécutifs intercommunaux devraient entrer dans le champ de la législation relative à la limitation du cumul des mandats.

Proposition n° 8 : créer par la loi onze premières métropoles, à compter de 2014, d’autres intercommunalités pouvant ensuite, sur la base du volontariat, accéder à ce statut.
A/. C’est en 1966 qu’ont été créées, par la loi, les communautés urbaines. Pour donner une nouvelle impulsion aux plus importantes d’entre elles et doter notre pays d’agglomérations d’une force suffisante, il est proposé de créer, par la loi, avant 2014, un premier groupe de métropoles (Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon et Rennes), auquel auraient ensuite vocation à se joindre, si elles le souhaitent, les intercommunalités remplissant les conditions posées par cette loi.
B/. Les métropoles ainsi constituées seraient des collectivités locales à statut particulier, exerçant, outre certaines des compétences des communes, les compétences, notamment sociales, dévolues aux départements.
C/. Soit les communes membres des communautés urbaines ou d’agglomération sur la base et dans le périmètre desquelles seraient créées les métropoles auraient la qualité de « villes », personnes morales de droit public dotées de compétences et de ressources fiscales propres et de conseils élus. Les conseillers métropolitains seraient élus sur la même liste et le même jour que les conseillers de villes, selon les modalités déjà décrites pour les autres élections simultanées recommandées par le Comité.
Soit les communes membres des communautés urbaines ou d’agglomération sur la base et dans le périmètre desquelles seraient créées les métropoles conserveraient la qualité de collectivités locales, ce qui impliquerait que soient modifiées les dispositions du cinquième alinéa de l’article 72 de la Constitution, qui proscrivent la tutelle d’une collectivité locale sur une autre. Dans cette hypothèse, les conseillers métropolitains seraient également élus sur la même liste et le même jour que les conseillers municipaux, selon les modalités déjà décrites.

Proposition n° 9 : permettre aux intercommunalités de se transformer en communes nouvelles en redéployant, en leur faveur, les aides à l’intégration des communes.
L’objectif à atteindre est, à terme, que les intercommunalités se transforment en communes de plein exercice, ce qui permettrait à la France de compter des communes fortes, en nombre raisonnable. Afin d’encourager ce mouvement, il est proposé que les aides à l’intégration soient redéployées en faveur des intercommunalités où le besoin d’intégration est le plus manifeste, qu’une date butoir soit fixée par la loi pour l’attribution de ces aides et que, passé le délai ainsi accordé aux communes pour s’engager dans la voie de l’intégration, ces aides soient gelées puis diminuent progressivement.

Proposition n° 10 : réduire d’un tiers les effectifs maximaux des exécutifs intercommunaux.
La France se caractérise par le nombre élevé des membres des exécutifs locaux, en particulier à l’échelon intercommunal. Il en résulte, outre des dépenses de fonctionnement parfois peu justifiées, une dilution des responsabilités. Aussi Eskil proposé une réduction d’un tiers des effectifs des exécutifs intercommunaux.

Proposition n° 11 : confirmer la clause de compétence générale au niveau communal (métropoles, communes nouvelles issues des intercommunalités et autres communes) et spécialiser les compétences des départements et des régions.
Une fois définis les champs de compétences respectifs de chaque niveau de collectivités locales, il est proposé que les départements et les régions ne puissent intervenir que dans les domaines de compétences que la loi leur attribue, de manière à limiter les excès des financements croisés. En revanche, afin de garantir aux élus les plus proches des populations et de leurs besoins la capacité de prendre des initiatives dans les cas non prévus par les textes législatifs et réglementaires, les communes dans leur forme actuelle, les communes nouvelles issues des intercommunalités et les métropoles exerceraient, outre leurs compétences d’attribution, une compétence générale. Par ailleurs, les départements conserveraient la faculté d’apporter leur concours aux investissements des communes.

Proposition n° 12 : clarifier la répartition des compétences entre les collectivités locales et entre celles-ci et l’État.
La répartition des compétences entre collectivités locales relève de textes multiples et épars. Il est proposé que les pouvoirs publics engagent et mènent à bien avant la fin de la présente législature une révision générale de ces compétences permettant de distinguer les compétences qui doivent demeurer partagées entre plusieurs niveaux d’administration locale, celles qui doivent être attribuées de manière exclusive à une seule catégorie de collectivités locales et celles qui sont susceptibles de faire l’objet de délégations de compétences.

Proposition n° 13 : prévoir, à l’occasion de la révision générale des politiques publiques, de tirer toutes les conséquences des lois de décentralisation, de telle sorte que les services ou parties de services déconcentrés de l’Etat qui interviennent dans le champ de compétences des collectivités locales soient supprimés.
Plus d’un quart de siècle après les grandes lois de décentralisation, l’Etat n’en a pas encore tiré les conséquences en termes d’organisation de ses services déconcentrés et de nombreux doublons subsistent, qui compliquent les procédures de décision et en alourdissent le coût. Il est proposé que chaque fois que l’Etat continue à intervenir dans une matière relevant des compétences exclusives des collectivités locales, il supprime les services ou parties de services déconcentrés correspondants.

Proposition n° 14 : définir, dans le cadre d’un débat annuel au Parlement, un objectif annuel d’évolution de la dépense publique locale.
On peut regretter que, compte tenu de son importance, la dépense publique locale demeure mal connue et ne soit évoquée devant le Parlement qu’à l’occasion du débat d’orientation budgétaire. Pour la clarté du débat démocratique et pour l’information des gestionnaires locaux, il est proposé que le Parlement organise chaque année un débat sur ce point et que celui-ci soit alimenté par un constat mis au point par une instance ad hoc chargée de définir, sous le contrôle du Parlement, des indicateurs de performance et un guide de bonnes pratiques dans la gestion des finances locales. Les collectivités locales seraient ainsi mieux éclairées sur les conséquences de leurs dépenses et notre pays mieux à même de veiller à la cohérence de ses engagements européens.

Proposition n° 15 : réviser les bases foncières des impôts directs locaux et prévoir leur réactualisation tous les six ans.
Actuellement, les bases foncières des impôts directs locaux sont celles fixées en 1970. Il est proposé que la révision de ces bases fasse partie de la réforme globale des collectivités locales, qu’elle s’effectue en fonction de valeurs locatives administrées qui tiennent compte du marché immobilier, que la loi encadre les transferts de charges en résultant pour les contribuables, mette en place un mécanisme d’étalement de ces transferts de charges sur plusieurs années et établisse une procédure automatique de réévaluation tous les six ans.

Proposition n° 16 : compenser intégralement la suppression de la taxe professionnelle par un autre mode de taxation de l’activité économique, fondée notamment sur les valeurs locatives foncières réévaluées et la valeur ajoutée des entreprises.
La suppression annoncée de la taxe professionnelle et sa nécessaire compensation, qui représente un enjeu de quelque 22 milliards d’euros pour les collectivités locales, ont conduit le Comité à réaffirmer son attachement à la persistance d’un lien fiscal entre les entreprises et les collectivités sur le territoire desquelles elles sont implantées. Après avoir examiné les différentes options possibles, le Comité a écarté l’idée d’un partage d’impôts nationaux et celle d’une taxation de la consommation d’énergie, qui frapperait également les ménages. Il propose, afin d’assurer la neutralité de la réforme pour les finances publiques, ce qui nécessite une ressource de 8 milliards d’euros, qu’outre la part foncière, réévaluée, de la taxation des entreprises, celles-ci soient imposées en fonction de la valeur ajoutée qu’elles dégagent, le taux de cette taxation, qui serait affectée aux collectivités locales, ne pouvant excéder un plafond fixé à l’échelon national. Le reste à combler pour les collectivités locales serait financé sous la forme de dotations budgétaires et du transfert de divers impôts indirects, comme la taxe supplémentaire sur les conventions d’assurance.

Proposition n° 17 : limiter les cumuls d’impôts sur une même assiette d’imposition.
Quelque 39 000 entités distinctes disposent, en France, de la capacité de lever l’impôt. Il en résulte une opacité du système fiscal qui nuit à l’exercice de la démocratie locale. Aussi est il proposé d’éviter qu’un trop grand nombre de niveaux de collectivités locales ne disposent du pouvoir de fixer le taux d’impositions reposant sur une même assiette, tout en laissant à chaque niveau de collectivités locales la possibilité de fixer librement le taux d’au moins une imposition. La répartition proposée par le Comité se rapproche de cet objectif, tout en tenant compte du volume des dépenses exposées par chaque catégorie de collectivités locales.

Proposition n° 18 : créer, en 2014, une collectivité locale à statut particulier, dénommée « Grand Paris » sur le territoire de Paris et des départements de la Seine-Saint-Denis du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine. Cette création serait précédée d’une consultation associant les représentants des collectivités locales intéressées, des partenaires sociaux et des forces économiques.
La Ville de Paris et les trois départements de la « petite couronne » rassemblent plus de six millions d’habitants. Au sein de cet ensemble, les besoins de coordination des politiques publiques sont criants et la voie de la coopération intercommunale n’y a jamais été empruntée, à la différence des communautés urbaines qui existent dans les autres zones urbanisées de notre pays. Aussi est il proposé, afin de permettre l’émergence d’une grande métropole nouvelle, de créer en 2014, à l’issue d’une consultation publique appropriée, une collectivité locale spécifique, dotée de compétences d’attribution qui seraient celles des départements supprimés et des intercommunalités les plus importantes qui s’y trouvent. Les communes comprises dans le périmètre du « Grand Paris » conserveraient leur qualité de collectivités locales ainsi que le mode de scrutin actuel pour la désignation de leurs conseils municipaux. Les conseillers du « Grand Paris » seraient élus, dans le cadre de circonscriptions découpées à l’intérieur des départements actuels, au scrutin de liste à deux tours à la représentation proportionnelle avec prime majoritaire, les premiers de liste siégeant au conseil régional et les suivants de liste au conseil du « Grand Paris ».

Proposition n° 19 : modifier certaines dispositions du mode de scrutin actuel pour la désignation des membres de l’Assemblée de Corse.
Tant que l’élection de l’Assemblée de Corse reste distincte de celle des assemblées départementales, des modifications à la loi existante, en ce qui concerne la prime majoritaire et les conditions de maintien ou de fusion des listes, permettraient la constitution d’une majorité au sein de cette Assemblée.

Proposition n° 20 : instaurer, dans les départements et régions d’outre-mer, une assemblée unique.
Contrairement à la règle applicable en métropole qui veut qu’une seule collectivité locale administre un même territoire, les départements d’outre-mer ont également le caractère de régions. Les inconvénients qui en résultent sont nombreux, en termes d’exercice de la démocratie locale et de coût de fonctionnement. Il est proposé que ces départements soient administrés, après consultation des électeurs, par une assemblée unique.
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Les propositions n° 1, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 19 et 20 ont été adoptées à l’unanimité des membres du Comité.
La proposition n° 3 a été adoptée par la majorité du Comité, MM. Mauroy et Vallini votant contre et M. Verpeaux s’abstenant.
Le A et le C de la proposition n° 8 ont été adoptés à l’unanimité des membres du Comité ; le B a été adopté à la majorité des membres du Comité, MM. Mauroy, Vallini et Julliard votant contre.
La proposition n° 11 a été adoptée par la majorité du Comité, MM. Mauroy et Vallini votant contre et MM. Julliard, Verpeaux et Casanova s’abstenant.
La proposition n° 18 a été adoptée par la majorité du Comité, MM. Mauroy et Vallini votant contre.


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Site du Comité pour la réforme des collectivités locales : toutes les auditions

Ici pour télécharger le rapport complet (avec les 2 projets de loi)

Le site de La Gazette des communes publie de nombreux documents

lundi 9 février 2009

Bayrou se fâche : les trop nombreuses régressions de la démocratie chez nous

Vidéo de son discours de clôture lors de la Conférence nationale le 8 février, salle de la Mutualité à Paris. : le son est meilleur ici que sur la version du site officiel du MoDem...


Le ministre de la Défense a prononcé deux phrases. Il a dit « Il faut arrêter de barguigner » et il a ajouté « Notre position d'indépendance aujourd'hui est purement symbolique ». Innocent !... On peut en dire des bêtises en deux phrases !
Mes chers amis, je veux le dire devant vous, les symboles, ce n'est pas secondaire, c'est essentiel. Les symboles, dans la vie, dans la politique, dans une vie d'homme, dans une vie de femme, dans une vie de famille, c'est essentiel.

vendredi 30 janvier 2009

Guaino mouché par Pierre Rosanvallon

La mauvaise foi et la dialectique perverse déployée par Guaino ont été correctement remises en place par le professeur au Collège de France :

P.R. :

  • " il faut que tout le monde ait le sentiment qu'une nomination est quelque chose d'impartial."
  • " il faut bien distinguer ce qui est de l'ordre de la "politique" où un conflit est tranché par l'élection, mais des domaines de la vie publique doivent obéir à l'intérêt général qui fasse l'objet d'un consensus."
  • " la démocratie majoritaire repose sur une fiction."
  • " construire une place à ces nouvelles institutions du consensus : autorités de régulation, du contrôle, le conseil constitutionnel..."
  • "l'évolution des démocraties va vers l'augmentation des pouvoirs des autorités de consensus"
  • " ce qui nous oppose ce sont deux conceptions antagonistes de la démocratie : vous nous présentez ce qui sera une évolution générale de notre démocratie, je suis très, très inquiet"
  • " avoir des sociétés qui marchent avec des personnalités parfois très médiocres"
  • " personne n'est propriétaire de la volonté générale"
  • Condorcet : "le peuple existe sous des formes très diverses"
  • "une institution non élue ne peut subsister si sa réputation est atteinte, qui est son capital essentiel""
  • " l'État de droit reconnait que le peuple est le pluriel de "minorité""
Guaino considère avec vergogne que le président de France Télévision est un "collaborateur" du gouvernement et doit donc être nommé par le président à ce titre... La télé, c'est ma chose ! On a bien compris que le pouvoir médiatique n'est pas indépendant chez nous !


France Culture
et Libération s’associent et proposent désormais une fois par mois à leurs auditeurs et leurs lecteurs Les controverses du progrès (sur une idée de Max Armanet et Agnès Touraine)

Présentées par Emmanuel Laurentin, producteur de la Fabrique de l’histoire sur France Culture et Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, Les controverses du progrès invitent deux personnalités à se saisir d’un thème et à en débattre en exposant leur point de vue. Leur dialogue s’enrichit ensuite des interventions et questions de l’auditoire.



Thème de ce premier numéro :

La majorité a-t-elle toujours raison ?
Question complexe, posée à Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, et Pierre Rosanvallon, historien, dans le cadre des Controverses du Progrès.

Voici quelques unes des questions abordées dans la 1ère partie (50') de ce 1er numéro :
- le président de la République a-t-il le droit de nommer directement le PDG de France Télévisions et cette décision est-elle légitime ?
- quelle est la légitimité d'une autorité non élue ?
- quelles sont les limites à opposer au pouvoir majoritaire ?

dimanche 11 janvier 2009

Propagande et manipulation : les fausses "lois des séries"

La "loi des séries" semble être de nos jours l'un des marronniers de presse des plus courants. Au delà d'une mode, ne s'agit-il pas d'une façon perverse de manipuler l'opinion pour faire passer les réformes les plus impopulaires ?

Les journaleux de la TV nous abreuvent régulièrement de drames en série, comme si le destin s'acharnait par la magie des astres sur telle ou telle catégorie, sur tel ou tel "phénomène de société".
Voici 12 ans, il y avait un pédophile à l'affut dans le moindre buisson, à un tel point qu'une communauté entière a basculé dans une psychose infernale dans la région d'Outreau... La France entière va en payer l'ultime conséquence car on justifie par cet enchaînement de faits la disparition du juge d'instruction indépendant.
Plus récemment, nous avons eu à subir quotidiennement les accidents de passages à niveaux, les autocars fous dévalant les pentes montagneuses, ou les encore les tremblements de terre meurtriers, dont on ne parle que par saccades, alors que plusieurs dizaines sont à déplorer chaque année.
A chaque fois, le politique démagogue se croit obligé d'apaiser l'opinion par une série d'interventions filmées et de "mesures à prendre d'urgence".
Mais la vraie vie sociale se moque comme de l'an 40 du cycle de Pluton, ou des lubies télévisuelles. Les communicants-propagandistes ont sans doute bien analysé le phénomène, puisque l'on voit désormais des "séries" de drames opportunément apparaitre au fil des besoins de réformes.

La cible de cette propagande perverse semble être aujourd'hui l'hôpital public.
Cliquez "décès enfant hôpital" sur google-actualités : des centaines d'articles vous sont proposés, déplorant ici ou là le décès qualifié de scandaleux ou d'anormal de plusieurs nouveaux nés dans les hôpitaux : erreurs, incompétences, inadmissible, crise, réforme, haro...


L'impression désagréable d'une chienlit indescriptible se dégage inévitablement de ce matraquage, quelle que soit la douleur légitime des malheureux parents touchés par ces drames !
Il devient tout à coup urgentissime d'en appeler au sauveur président. Comme ça tombe bien, on a un hôpital tout neuf à inaugurer à Strasbourg et l'omniprésident se précipite pour faire parler de lui, et son omniscience va tout réparer dare-dare grâce à une réforme ad-hoc consistant à ne pas augmenter les moyens... La propagande fait son effet, le politique récupère l'émotion.

Quelle est la réalité à long terme ?

La mortalité infantile est recensée depuis toujours, et disponible en ligne sur le site de l'INSEE :
L'amélioration du sort des jeunes enfants est constante, alors que nous avions la vague impression que les conquêtes de l'hygiène avaient réglé le problème. Il restait une marge de progression, car par rapport à 1970, ce sont 12.000 enfants de plus qui parviennent à l'âge de 1 an, et 2000 supplémentaires jusqu'à l'âge de 6 ans.
Pourtant, ce sont toujours environ 3000 enfants de moins de 1 an qui vont mourir prématurément en 2009, et une grande part de ces décès aura forcément lieu dans un hôpital public, quelles qu'en soient les circonstances ! 8 chaque jour !

Enfants_mortalite_1

On peut voir sur la période récente 2000 à 2006 que cette amélioration se poursuit, même si les courbes ont une tendance asymptotique car on approche sans doute d'une limite incompressible des accidents de la vie néonatale :

Enfants_mortalite_2

C'est là que nous apparait le coté pervers de ces propagandes médiatiques et autres lois des séries ! En effet, malgré les progrès incontestables dûs aux constantes amélioration des service de santé périnatale, on déplore en France toujours environ 2000 décès de nouveaux nés chaque année dans les 28 premiers jours de leur courte vie.
Soit 36 par semaine : de quoi alimenter une série de reportages interminables dans nos médias ahuris, à moins qu'ils ne trouvent promptement un nouveau sujet à série pour une nouvelle intervention de notre petit Bonaparte ?
.

dimanche 4 janvier 2009

Vœux de Lyon, 2009 en lumière

Permettez-moi de vous associer aux Vœux de la ville pour 2009: cliquer à l'intérieur pour faire défiler le texte.









lundi 29 décembre 2008

Le brassard de Gaza


Ce n'est pas sa plus drôle, et c'est pourquoi elle est peu connue. Mais son message m'avait fort impressionné, il y a plus de 40 ans... Texte introuvable, il a donc été audio-digitalisé par votre serviteur (avec ses petits doigts musclés). Qu'est-ce qu'on dit ?????


Le Brassard :

  • - Non, monsieur, j’vous dis que vous passerez pas ! Vous ne passerez pas. Les chars fleuris doivent défiler à 5 heures cet après midi, et à partir de 2 heures, monsieur, on m’a indiqué de mettre une barrière ici, sur la petite rue adjacente au boulevard où va passer les chars fleuris.
  • - Mais écoutez, monsieur, écoutez, soyez gentil. Je suis docteur, je dois aller sauver une jeune fille qui va peut-être mourir dans... dans 20 minutes. Il faut que je lui apporte de l’oxygène.
  • - Ah non monsieur, vous passerez pas. Je suis fonctionnaire, moi (*) et on m’a indiqué qu’à partir de deux heures, aucune voiture devrait passer. Voilà.
  • - Oui mais écoutez, m’sieur, justement : c’est deux heures…
  • - Ah non ! Vous, civil, c’est deux heures, mais pour moi, fonctionnaire, c’est deux heures une. (*) Vous ne passerez pas ! Moi je risque rien. Regardez, aujourd’hui je suis quelqu’un : j’ai un brassard, avec le tampon de la mairie. Vous ne passerez pas. Aujourd’hui, je suis quelqu’un.
- Mais écoutez… c’est ridicule.
  • - C’est ridicule, mais c’est comme ça. Savez-vous ce que c’est d’être un petit fonctionnaire toute l’année : baisser la tête devant son sous-chef toute l’année, qui lui même, le sous-chef, baisse l’échine devant le chef. Et le chef qui met un genou en terre devant le sous-directeur, le sous-directeur qui met les deux genoux en terre devant le directeur, (*) le directeur qui baisse l’échine devant le secrétaire de ministre, le secrétaire de ministre qui se met à plat ventre devant le ministre, et le ministre qui se met sous la carpette devant le président ! Et tout le monde baisse la tête sauf moi ! Aujourd’hui je suis quelqu’un ! Regardez : j’ai mon brassard, avec le tampon de la mairie !
  • - Ecoutez, moi qui suis docteur... que de palabres, de discussions… on a perdu du temps, laissez moi passer !
  • - Non ! Vous ne passerez pas ! À partir de deux heures, personne doit passer. Vous pouvez porter plainte contre moi, je ne risque rien, je suis fonctionnaire ! J’ai le bouclier de la Loi. Le juge me donnera raison. Vous m’entendez ?
  • - Oui je vous entends, mais c’est ridicule qu’une jeune fille… J’allais pas loin, voyez : je prenais le boulevard de la Liberté, et je tournais à gauche… Pas à gauche parce qu’il y a la rue de l’Égalité… mais c’est une impasse (*+applaud) et j’allais rue de la Fraternité. J’allais au numéro double zéro, au sous sol.
  • - Mais, mais c’est là où j’habite, moi. Mais, c’est pt’être ma fille, alors ?
  • - Bin oui, certainement !
  • - Mais passez vite, alors !
  • - Mais vous m’avez dit que… vous n’aviez pas le droit !
  • - Ah bin oui, mais, entre fonctionnaires, on s’aide un peu, y’a des clins d’œil, on s’arrange entre nous (*+applaud)
  • - Non, depuis le temps que vous m’expliquez que vous avez raison et que vous avez un brassard avec le tampon de la mairie qui vous donne tous les droits, c’est trop tard maintenant, vous pouvez le mettre en deuil, votre brassard…
Fernand Raynaud (1961 ?)
(*) rires

La niaiserie du fonctionnaire ressemble à s'y méprendre à la sottise des contrôleurs de frontière, que l'on voit ici dans leurs œuvres, et il n'y a plus de quoi rigoler : "nous, on est des êtres humains, eux, c'est des animaux !"


La démocratie selon Israël
envoyé par Mecanopolis

à voir aussi :
La plupart des gens acceptent de torturer s'ils s'en font donner l'ordre
PsychoMédia - Publié le 21 décembre 2008

Près de 50 ans après la célèbre expérience de Milgram, un psychologue social américain l'a reproduite et a constaté que les gens sont toujours aussi disposés à administrer à d'autres ce qu'ils croient être des chocs électriques douloureux quand ils se le font demander par une figure d'autorité.

Dans l'expérience de Stanley Milgram de l'Université Yale, publiée en 1963, des volontaires, croyant qu'ils testaient les effets de la punition sur l'apprentissage, administraient ce qu'ils croyaient être des chocs électriques, d'intensités de plus en plus grandes, à une autre personne (qui était en fait un acteur) se trouvant dans une pièce séparée.

/... Suite de l'article

.../
Lorsqu'ils sont sous pression, les gens peuvent faire des choses effrayantes, dit l'auteur. Bien qu'il soit difficile de transposer ce travail de laboratoire dans le monde réel, dit-il, le phénomène démontré peut expliquer partiellement que, dans des temps de conflit, les gens puissent prendre part à des génocides.

Le phénomène, mentionne l'auteur, n'est pas étranger à la culture de la société. Culture où le conformisme est une valeur dominante.


Ces résultats sont rapportés dans le numéro de janvier de la revue American psychologist.

Psychomédia avec sources:
American Psychological Association
BBC

mercredi 17 décembre 2008

Sarko massacre Bescherelle

C à dire, France5, Présenté par Thierry Guerrier
Du lundi au vendredi 17h30, Émission du 16 décembre


En 3 phrases et moins de 30 secondes, Sarko nous assène au moins 2 barbarismes ! Quel exemple pour notre belle jeunesse et nos pédagos de la grammaire :

jocolorCitation:
"Que chacun d'entre nous (soit heu...) soyons extrêmement prudent(s?)..."


geekCitation:
"La seule chose dont on sait c'est qu'il n'y avait pas ..."


Il a également précisé que « les services de police sont en train "d’analyser en ce moment même la nature des produits trouvés » et « d'analyser la nature de la revendication ».

"Analyser les produits" eût largement suffi, "la nature" ne fait qu'ampouler sa majesté, si cela était nécessaire !

X. Darcos, agrégé de lettres classiques et déchargé à court terme de sa réforme avortée, pourrait se dévouer pour lui faire un rattrapage accéléré en heures sup' ? Suspect

dimanche 14 décembre 2008

Retour sur "A vous de juger" : les grosses têtes












Excellente analyse du POST :

A vous de juger: Chabot, Bayrou, Sarkozy, Montebourg... Décodage à l'usage des novices en télévision

"A la fin de son premier quart d'heure d'entretien avec Arlette Chabot, Bayrou explique pourquoi il ne soutiendra jamais Sarkozy, ce dernier étant un président adepte de "l'arbitraire" et doté d'autres défauts qui semblent ne pas en faire un républicain digne de ce nom aux yeux du leader du Modem. Tout le temps de son discours, apparaissent derrière Bayrou des photographies géantes de celui dont il parle, façon Big Brother, photographies de l'homme en stature présidentielle, agissant, écrasant, dominant, renvoyant Bayrou à sa pauvre posture de ministre de la parole qui ne décide de rien, n'est responsable de rien, bref qui parle pour s'occuper à la télé." ... suite

Ajoutons celle-ci, façon de démontrer que Lou Bayrou est bien un coquin de droite :


...

vendredi 14 novembre 2008

Drums !

Les suisses à fond :

Link: Drums!

mercredi 5 novembre 2008

Quand le bâtiment va ... ?

Selon une étude du mensuel Capital, les salaires des patrons ont encore augmenté en 2007. Avec une hausse d’environ 20% en moyenne par rapport à l’année dernière, le magazine affirme que les dirigeants français sont désormais les mieux payés d’Europe. Au hit parade 2007, on trouve les leaders de Suez, Saint-Gobain, Colas. Qui a dit que le bâtiment est en crise ?
...

Selon une étude publiée par Capital dans son numéro de novembre, les salaires des grands patrons du CAC 40 ont encore progressé en 2007. Ils affichent en moyenne un revenu annuel de 4,6 millions d’euros contre 3,8 millions d’euros l’année dernière. Cette augmentation correspond à une hausse d’environ 20% en un an.
Cette progression fait des patrons français les mieux payés d’Europe selon l’étude. Cette envolée correspond aux bons résultats enregistrés en 2007 : «Les 40 groupes du Cac ont dégagé près de 100 milliards d’euros de bénéfices», indique l’enquête de Capital. Toutefois, il est précisé que le deuxième du classement, Pierre Verluca, Pdg de Vallourec, société spécialisée dans les tubes d’acier sans soudure, a vu son salaire grimper de plus de 32% affichant 12,4 millions d’euros alors que le profit de son entreprise affiche seulement +8%.
Concernant le palmarès, si Louis Schweitzer, ex-Pdg de Renault, a tenu la corde l’année dernière, il est détrôné en 2007 par Jean-Philippe Thierry, Pdg du spécialiste de l’assurance, AGF Allianz, avec 23,2 millions d’euros.

Suez, Vinci en tête du classement
Le secteur de la construction se positionne rapidement au sommet du classement. Si Pierre Verluca arrive au deuxième rang, sur la troisième marche on trouve Gérard Mestrallet, Pdg de Suez avec un salaire de 12,2 millions d’euros. Viennent ensuite Jean-Louis Beffa, ex-Pdg de Saint-Gobain avec 10,2 millions d’euros, Xavier Huillard, directeur général de Vinci, avec 10 millions d’euros et Alain Dupont, patron de Colas, avec 7 millions d’euros.


Pas de baisse de revenus pour les Pdg de la construction
Du côté des augmentations, on note une progression du revenu annuel (salaire fixe) d’Henri Proglio, Pdg de Veolia Environnement de 5% en un an, soit 5,8 millions d’euros. De même, Benoît Potier, président d’Air Liquide, spécialiste du gaz industriel, qui dispose d’un revenu annuel de 4,2 millions d’euros. Si presque tous les responsables de la construction affichent des augmentations de salaires, la situation devrait évoluer l’année prochaine. En effet, en raison de la crise financière, les chiffres devraient prendre une autre tournure. Saint-Gobain et Kaufman & Broad ont d’ores et déjà annoncé des plans sociaux et des réductions d’effectifs pour 2008-2009. Des décisions qui devraient avoir un impact sur les prochains résultats et les profits des sociétés. Mais également sur les salaires. Affaire à suivre...



Top 10 des plus gros revenus des patrons de la construction

(Classement - (Rang global) - Nom - Entreprise - Revenu annuel)

1 - (2) Pierre Verluca - Vallourec - 12,4 millions d’euros
2 - (3) Gérard Mestrallet - Suez - 12,2 millions d’euros
3 - (4) Jean-Louis Beffa - Saint-Gobain - 10,2 millions d’euros
4 - (5) Xavier Huillard - Vinci - 10 millions d’euros
5 - (6) Alain Dupont - Colas - 7 millions d’euros
6 - (8) Henri Proglio - Veolia Environnement - 5,8 millions d’euros
7 - (11) Martin Bouygues - Bouygues - 5 millions d’euros
8 - (17) Benoît Potier - Air Liquide - 4,2 millions d’euros
9 - (23) Guy Nafilyan - Kaufman & Broad - 3,6 millions d’euros
10 - (33) Bruno Lafont - Lafarge - 2,8 millions d’euros

Ces 10 gredins totalisent plus de 73 millions d'€
Ils paient -ensemble- environ 36 Mio d'€ en impôt sur le revenu. Soit au moins 27 Mio d'€ de trop, par rapport à ce que serait une rémunération "raisonnable" de ces patrons.

L'économie d'impôt ainsi réalisée représente le coût salarial total de 1000 employés de leurs entreprises... qui vont faire l'objet des "plans sociaux" que l'on annonce ici ou là !




Et pendant ce temps là ...


Défaillances d’entreprises : +17% au 3e trimestre 2008

L’été 2008 renoue avec un niveau de faillites jamais atteint depuis 1997 ! Ainsi, avec 11.407 procédures collectives ouvertes, le spécialiste de la connaissance inter-entreprises, Altares, a constaté une accélération des défaillances d’entreprises de 17.2% sur le troisième trimestre 2008. Détails.

source :
http://www.batiactu.com/imprimer.php?url=http://www.batiactu.com/edito/top-10-des-plus-gros-revenus-de-la-construction-21525.php

mardi 4 novembre 2008

chat ?

Seuls ceux qui habitent chez leur chat peuvent comprendre ;)



Plus vrai que nature !

mercredi 29 octobre 2008

20/10/08 - Afghanistan : opération conjointe en vallée d’Uzbin

La comm' de l'état major semble jouer sur plus de transparence... mais quand le doute s'est installé, difficile de remonter la pente !
Ce reportage est issu du site de l'EMA, où les nouvelles ne restent pas longtemps à la une : http://www.defense.gouv.fr/ema


Sper Kunday : les français en soutien de policiers afghans

Le 18 octobre 2008, des unités des forces nationales de sécurité afghanes et du RC-C (Regional Command-Capital) de la FIAS, sous les ordres du général Stollsteiner, ont conduit une opération conjointe dans le sud de la vallée d’Uzbin, en coordination étroite avec les autorités afghanes, le commandement régional Est et le quartier général de la FIAS.

L’opération avait pour but premier de priver les insurgés de leur liberté d’action et de les empêcher de s’établir durablement dans la zone. Une unité de l’armée nationale afghane issue du 203e corps, soutenue par ses mentors américains, a sécurisé l’unique route de la vallée, tandis que les appuis aériens de la FIAS, dont une Gazelle Viviane, assuraient la couverture de l’ensemble du déploiement. Situé au pied du col permettant l’accès du sud de l’Uzbin à la province voisine de Laghman, le village de Sper Kunday constituait l’objectif principal.

A partir du milieu de la matinée et jusque dans la soirée, les insurgés ont effectué différentes manœuvres en vue de mener des attaques sur le dispositif, toutes déjouées au prix de pertes sérieuses pour l’adversaire. Les observations initiales font état de 7 tués ou blessés. Le nombre des assaillants touchés par les tirs d’appui reste à déterminer avec précision.

Outre l’intérêt tactique de Sper Kunday, il était également nécessaire de reprendre contact avec la population et ses dirigeants locaux, deux mois après l’embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français.

L’armée nationale et la police afghanes, immédiatement suivies de troupes françaises, se sont donc déployées dans le village en tout début de matinée. Le contact établi a tout d’abord permis aux forces de la coalition d’expliquer leur mission et les raisons de leur présence, puis de confirmer que les villageois font l’objet de fortes pressions de la part des insurgés. Trois maisons ont ainsi été fouillées et un suspect interrogé. Enfin, les échanges ont également porté sur les besoins des habitants, en vue de mener des actions de coopération civilo – militaire.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des missions de contrôle de zone dévolues à chacun des 5 commandements régionaux de la FIAS. Elle prépare le processus de transfert de responsabilité aux forces de sécurité afghanes et les conditions nécessaires à l’enregistrement des électeurs, qui débute le 5 novembre 2008 dans le district de Surobi.





Sources : EMA
Droits : Ministère de la défense/ECPAD

Derniers préparatifs pour l’ANA et les militaires français

Briefing du commandant du BATFRA

Dernières consignes du commandant de compagnie à ses chefs de section

Le convoi franco-américain se forme

Déploiement en vallée d'Uzbin

Avec l'ANA, en vallée d'Uzbin

Déploiement de VAB en vallée d'Uzbin

Sper Kunday : policiers afghans et militaire français

Militaires français, policiers et militaires afghans à Sper Kunday

Militaires afghans et français à Sper Kunday

dimanche 19 octobre 2008

Socio Geek ?

Je me suis testé :





"Vous avez 96.00% de chances de devenir une star du web 2.0. Vous êtes 24% exhib et 67% aventurier. "
Allez-y itou !
Z

mercredi 27 août 2008

Embuscade d'Uzbin : le théatre des opérations en détail

drapeau

Le 18 août dernier, une section d'intervention franco-afghane est décimée dans la rude embuscade que l'on sait. En interprétant les comptes-rendus les plus détaillés publiés dans la presse, notamment celui du POINT,ou du JDD, on peut -non sans peine- se faire une idée du théâtre des opérations en utilisant les outils cartographiques fournis par le Web 2.007.

Cela se passe dans le district de Sorūbī (Sarowbī, Sorūbay, Surawbi, Markaz-e Sorūbī ..., dans la province de Kaboul (Kabol)), dont vous avez une carte ICI au format PDF ! On peut voir sur ce forum la superposition de cette carte sur le terrain :
La France a hérité de ce secteur après l'envoi de nouvelles troupes par Sarko, en remplacement du détachement Italien qui assurait dans le secteur les missions de "reconstruction" de la région.
Voici la carte du secteur de Sorūbī :
(erreur position corrigée)

La ville de Sorubi est animée, au bord d'un charmant lac de barrage. Elle héberge la base avancée qui a été le point de départ de l'opération (et des renforts). Dans un rayon de 7 km, on trouverait 81.000 habitants.


au pied du barrage hydro-électrique de Naghlu construit avec l'appui des russes dans les années 60 !

L'électricité produite est acheminée vers Kaboul, vers l'Ouest, en longeant la route principale.

résumé des opérations militaires :
"Les deux sections françaises (d'une trentaine d'hommes chacune) envoyées dans la vallée d'Uzbin par le commandement régional capitale de Kaboul (RC-C Kaboul) contribuaient à une mission composée de trois phases. D'abord, la reconnaissance de la vallée d'Uzbin au sud du 35e parallèle. Puis, des patrouilles dans la vallée de Tizin. Et dans une troisième phase, la poursuite des reconnaissances dans la vallée d'Uzbeen jusqu'au 36e parallèle. Les deux premières phases s'étaient déroulées le 8 août et le 15 août , sans incident particulier."- Le Point.fr -


On constate sur la carte que la rivière 'Uzbin' (Uzbinkhvar ou شيلۀ اوزبين, Vuzbinkhvar , Ozbīn Khwaṟ selon les transcription à partir du Russe, de l'Anglais ou du farsi [*]) et le Tizin (Tizīn Khwaṟ ou شيلۀ تزين , Tezīn Darra, Qūl-e Tīzīn ) sont deux rivières "intermittentes", situées l'une au Nord, l'autre au Sud de la base. Dispersion des moyens ?

Si les fonds de vallées sont vertes, le relief autour est particulièrement aride.

La vallée de l'Uzbin où s'est déroulée l'opération malencontreuse est beaucoup plus accidentée. Elle fait 32 km de long, à "vol d'oiseau". Le confluent est à 980 m d'altitude, le sommet à 3800 m environ. Ce qui fait une pente moyenne phénoménale et sans doute un redoutable torrent - dans ses intermittences !

La latitude maximale vers le Nord de cette vallée est de 34°51', soit à plus de 120km du 36ème parallèle cité dans l'article du Point, ce qui tendrait à prouver que nos militaires n'ont pas de très bonnes cartes ;-))
La distance vers les sources sera encore beaucoup plus longue par les chemins caillouteux, car le rapport officiel mentionne déjà une heure de route, pour aller au site d'intervention, soit à environ 15 km de la base !

Cette vallée comprend en fait 3 rivières parallèles ; l'Uzbin, la Wochah, la Manlarah. Le petit col près de Spēṟ Kunday qui a été -pour leur malheur- exploré par nos soldats est en fait un raccourci à partir du vallon de la Wochah vers la vallée voisine de Shahīdān, (région de Laghmān).
Contrairement à ce qu'on a pu lire ici ou là, ce n'est pas la passe d'accès principale, située tout au Nord de la vallée de l'Uzbin, et qui conduit très indirectement à la Tāgāb Nāwah (vallée de Tagab et centre du district de Kāpīsā). La piste recherchée, présente sur quelques cartes, a été retracée en rouge ici : elle franchit des passes à 2000m d'altitude vers l'Ouest, et à plus de 3000m vers le Nord en direction de Mehtar Lām et du Laghman :

Cliquer pour agrandir la carte ! source http://earth.google.com/

Le site de l'embuscade (Spēṟ Kunday) est à 1550 m d'altitude, le "petit col" dont on parle à environ 1750m. Il est situé à mi-chemin de la fameuse piste rouge, et au 1/3 environ de la longueur totale de la vallée d'Uzbin. On voit ainsi que nos troupes étaient encore très loin de l'objectif, et doivent s'attendre à de grandes difficultés dans la poursuite de leur mission !

En fouillant dans la partie HD de l'image Google, on aperçoit cette piste : bonjour les 4x4...(Ce n'est pas la piste de l'embuscade mais la piste haute, en rouge, qui relie les deux vallées : ici sur le versant Tagab)

Si vous utilisez Google-Earth, je vous propose de naviguer vous-mêmes sur ces sites en téléchargeant le petit fichier KMZ ICI.
Par exemple on pourra obtenir ces vues qui permettent de supposer les trajets suivis par les troupes sur le terrain :


Notez que pour une région réputée calme, nos prédécesseurs italiens ont eu à pâtir de quelques pertes, y compris parmi le personnel humanitaire. Voir ICI ce qui s'y passait en février 2008, lors du décès du maréchal Pezzulo. On y découvre aussi les liens avec la population et les autorités locales, ainsi que la revendication italienne de ne participer qu'aux missions de reconstruction de l'Isaf, mais pas à la mission combattante "Enduring Freedom" menée par les troupes US. Sommes-nous aussi clairs ? Pas sûr !


*** On peut apercevoir la région sur une vidéo de FR3 tournée à l'époque où les italiens occupaient la FOB de Surobi, une patrouille française alors en visite : http://www.dailymotion.com/video/x473u0_guerre-afghanistan-patrouille-armee_news
** deux dernières images prises sur le site d'infos militaires : http://18alexterieurafghanistan.blogspot.com qui a eu la gentillesse de reprendre mes infos ;-)

* sources des noms géographiques : National Geospatial-Intelligence Agency's (NGA) and the U.S. Board on Geographic Names' (US BGN)... Pour la France, j'ai trouvé ce lien rigolo (piraté), mais pas gratuit ;-) France, Commission nationale de toponymie : www.cnig.fr/cnig/nous/comgdt/comgdt.html

.GT.

lundi 25 août 2008

Le Zimbabwe premier à Beijing


Le bilan des jeux de Pékin est irrémédiablement assorti de commentaires plus chauvins les uns que les autres !
Les chinois s'en remettent au classement par nombre de médailles d'or (1er avec 51, France 10ème)
Les états-uniens préfèrent le classement suivant le total des médailles obtenues (1er avec 110, France 7ème)
Les européens préfèrent cumuler leurs médailles (280 médailles pour les 27 pays de l'union), mais avec un nombre colossal de participants, l'Europe ne s'en tire pas si bien que ça : une médaille pour 23,5 participants, le total des 27 délégations étant de 6574 athlètes !



Je vous propose donc de classer les pays suivant leur "rendement olympique", c'est à dire le nombre de participants du pays par médaille obtenue. Ça donne à peu près ceci pour le "top 10":

Rang

CNO

Total

inscrits

athlètes / médaille

classemt

38

ZIM - Zimbabwe

4

18

4,5

1

81

AFG - Afganistan

1

5

5,0

2

81

TOG - Togo

1

5

5,0

3

79

ARM - Arménie

6

35

5,8

4

52

PAN - Panama

1

6

6,0

5

1

CHN - Chine

100

675

6,8

6

4

GBR - Grande-Bretagne

47

336

7,1

7

42

INA - Indonésie

5

36

7,2

8

28

CUB - Cuba

24

175

7,3

9

2

USA - États-Unis

110

808

7,4

10


C'est donc bien le Zimbabwe qui remporte la palme avec 4 médailles pour 18 participants.
COVENTRY Kirsty leur apporte à elle seule 1 en Or et 3 en Argent.

Les Afgans et les Togolais s'en tirent plutôt mieux que les USA, classés 10ème seulement.
Mais les deux "gros" s'en tirent plutôt mieux que tous les pays européens, à l'exception notable de la Grande Bretagne (1 médaille pour 7,1 participants).
En effet, si Slovaquie et Pays-Bas font mieux que la moyenne de 17,5 athlètes par médaille, la France pointe à la 38eme place avec 1 médaille pour 19,2 athlètes ! Les Grecs et les Belges étant en queue du peloton européen, avec une médaille pour 86 participants.



Les grandes entités mondiales :

En agglomérant quelques grandes entités, l'Europe constitue la première puissance sportive avec 280 médailles, à cette réserve près (déjà signalée précédemment) qu'une seule délégation de l'Europe-Unie n'aurait pu envoyer aux jeux 6574 participants et rafler parfois les trois médailles d'une discipline où nous n'aurions eu qu'une seule équipe d'Europe ! Ces cumuls de médailles sont donc à prendre avec le détachement indispensable à ce genre de futilité...


Enfin, notons que 87 pays seulement (sur 202 délégations) figurent dans ces classements. Ils cumulent 16.782 participants sur le total de 18.105.
Donc 115 pays (1323 athlètes) reviennent bredouilles de cette compétition mondiale, ayant assimilé l'adage olympique. Comme aurait dit le Baron Pierre de Coubertin : "L'important est de participer mais l'essentiel est de gagner" ;-)


class / Or

Entités

Or

Ag

Brz

Total

ordre / total

Nbre inscrits

Athlètes/ médaille

1

EUR - Europe

87

101

92

280

1

6574

23,5

2

RDM - Restes du Monde

57

70

81

208

2

5191

25,0

3

CHN - Chine

51

21

28

100

5

675

6,8

4

URS - Ex-URSS

43

45

83

171

3

2561

15,0

5

USA - États-Unis

36

38

36

110

4

808

7,3

6

OCE - Océanie

18

18

25

61

6

807

13,2

7

AFR - Afrique

12

14

12

38

7

1489

39,2





G.T.

ps. : conséquence de ce beau résultat ??

Zimbabwe: un gouvernement sera formé Source : AFP 27/08/2008 | Mise à jour : 09:26 |
Le président Robert Mugabe a affirmé qu'un gouvernement allait être formé au Zimbabwe, malgré l'absence d'un accord de partage de pouvoir avec l'opposition, a rapporté le quotidien d'Etat The Herald.

mardi 19 août 2008

Olympiade Beijing 2008 : quelques chiffres clés




Les tableaux fournis par le site olympique officiel (http://fr.beijing2008.cn/) permettent de tirer quelques enseignements statistiques de cette compétition, des plus globaux aux plus futiles.

202 nations sont engagées présentent au total 18.105 athlètes, une fois éliminés les quelques doublons du fichier. Seulement 72 pays ont à ce jour obtenu au moins une médaille !

38 catégories d’épreuves concerneront ces candidats à la médaille : athlétisme (4341) et natation (1525) déplacent de gros bataillons, mais aussi le Taekwondo (162), Triathlon (139), Lutte (682) et Judo (576), gymnastique artistique et nombre de sports collectifs. Ajoutez 1014 rameurs et 472 pagailleurs, ainsi que 506 navigateurs.

7310 femmes seulement (40,4 %), mais aussi moins de médailles à distribuer pour elles. Sauf en natation synchronisée où elles font 100% des médailles sans la moindre peur du ridicule :

  • 999 Russes de la fédération (47% féminines) : la plus grosse délégation, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous pour l’instant.
  • 808 États-Uniens, (dont 43% filles, dont une plongeuse de 15 ans). 228 d’entre eux pour l’athlétisme, 59 en natation dont la doyenne de l’épreuve de 41 ans Dara Torres (ce qui fait un bon rapport médailles/tête de pipe !)
  • 675 Chinois inscrits seulement (dont 49% de chinoises), ce qui est peu et explique peut-être les résultats de ce vaste empire : beaucoup de médaillés OR, et relativement peu de bronze ou d’argent. Notez qu’il y a une centaine de « Li *.* », ce qui est d’un banal…
  • 768 Français : plus que de Chinois ! Mais seulement 40% de filles. 227 inscrits pour l’athlétisme. Un «MARTIN » seulement : comme quoi les statistiques … !
  • 850 Allemands dont 40,6% d’allemandes, et beaucoup d’équipes de sports collectifs.
  • 704 Brésiliens (298 brésiliennes)
  • 336 Grands-bretons seulement ! (dont 46%F), ce qui doit donner le meilleur rendement de médailles / participant.

Espagne (567), Canada (536), Italie (500), Australie (451), Corée (427), Ukraine (374), Japon (351), Grèce (344), Argentine (282), Egypte (217) ont aussi des délégations importantes. L'Inde n'aligne que 72 participants, dont aucun cycliste...

Les « petites » délégations sont donc les plus nombreuses parmi les 202 nations représentées. 6 monégasques, 5 Afghans, 4 Gabonais, et 2 tireurs à l’arc Bhoutanais, 2 boxeurs des Iles Vierges et 2 Tchadiens dont la coureuse de 16 ans à peine (NDIKERT Hinikissia Albertine) qui a couru le 100 mètres en 12,55sec.

Cette semaine, 328 athlètes vont fêter leur anniversaire : 14 ans pour la plus jeune (nageuse des Maldives), 56 pour le plus âgé, un cavalier canadien. Bon anniversaire à FIGARO Charles, sémillant athlète français et brillant relayeur du 4x400m, qui fête aujourd'hui ses 20 ans à Beijing ! Même âge pour cet athlète hongrois GERCSAK Csaba qui doit encore parcourir 10 km en nage libre ce jeudi... -Mais 40 bougies pour l'athlète KAKLAMANAKIS Nikolaos, classé 6ème en planche à voile (sans moteur) .

50 athlètes au total ont plus de 50 ans : 35 hommes et 15 femmes, la plupart sont engagés en équitation, tir à l’arc, voile. Mais aussi 2 en athlétisme et 1 en aviron !

85 athlètes ont moins de 16 ans : 9 garçons et 76 filles. Natation et plongeon pour l’essentiel de ces juniors, mais aussi en gymnastique artistique et rythmique. 4 jeunots concourent aussi en athlétisme, ainsi qu’un garçon de 14 ans en aviron, probablement le « barreur » de son équipe !

La plus jeune a moins de 13 ans : GUEDIA MOUAFO Antoinette Joyce –, une nageuse camerounaise de 50m nage libre, dont la performance est mieux qu’honorable : 4eme de sa série en 33,59 sec.

Le plus âgé a plus de 70 ans : DOUGLAS Joe Ross panaméen est inscrit en « athlétisme » et est compté avec l’équipe US ( ?), mais on ne nous dit pas pour quoi y faire ?

Médailles le 19 août :

L’Europe (21 pays sur 27) emporte toujours la palme des médailles. Un classement paramétré est proposé ici, donnant 5 points pour l’or, 3 pour l’argent et 1 pour le bronze. Les « Restes du Monde » s’en tirent bien aussi ;-) 130 pays n'ont toujours pas la moindre médaille à ce jour ! Je note avec satisfaction que la Thaïlandaise de 24 ans Prapawadee Jaroenrattanatarakoon (en thaï : ประภาวดี เจริญรัตนธารากูล, dans la catégorie des -53kg) a rapporté la médaille d'Or en pulvérisant le record olympique de l'épaulé-jeté en ayant soulevé 126 kg, ce qui ne devrait pas l'empêcher de coucher dehors ;)


Class/ Or

Entités

Or

Ag

Brz

Total

Clas/ total

Paramétré : 5,5 /3,3 /1

classemt

1

EUR – Europe

56

63

58

177

1

573,9

1

3

RDM - Restes du Monde

31

39

43

113

2

342,2

2

2

CHN – Chine

39

14

14

67

5

274,7

3

5

URS - Ex URSS

18

27

47

92

3

235,1

4

4

USA - États-Unis

22

24

26

72

4

226,2

5

6

OCE – Océanie et Indonésie

14

13

19

46

6

138,9

6

7

AFR – Afrique

7

9

6

22

7

74,2

7


samedi 16 août 2008

L'Europe largement en tête !



Reprenant ici le flambeau olympique allumé par le camarade blogueur Jean-Claude Mathon, et porté par KultEuro, je me risque à produire le vrai classement des médaillés olympiques (liste provisoire au soir du 16 août) :

classmt / Or

« Pays »

Or

Ag

Brz

Total

ordre / Total

1

EUR - Europe

37

40

43

118

1


2

CHN - Chine

27

13

7

47

4


3

USA - États-Unis

16

16

22

54

3


4

URS - Ex URSS

13

21

35

69

2



L'"Europe" est ici le total de 19 pays de l'Union (sur 27) qui ont décroché quelque médaille. Son total de 118 médailles olympiques pulvérise littéralement les concurrents directs ! Largement plus de deux fois la puissance de feu des USA !

Suivant le total des médailles obtenues, on voit aussi poindre en deuxième position l'ancienne URSS, qui naguère squattait les podiums olympiques. Treize états (sur 15) de l'ancienne fédération soviétique sont ici représentés. Vous aurez noté que les 3 pays baltes sont donc comptés deux fois dans ce tableau...

Le continent africain ne totalise quant à lui (avec 5 pays) que 9 médailles dont 2 en Or ! Le sport n'est pas encore à la portée de toute l'humanité ;-))

Mais avant que nos chauvins de commentateurs de service ne rendent compte des 37 médailles d'or européennes comme des "nôtres", il va couler de l'eau dans le Yang Tsé ! .

samedi 9 août 2008

Jolies filles olympiques

Quelques agréables gros plans féminins tout frais sortis de la fête olympique de Beijing le 8/8/2008

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Mais les petits z'enfants sont mignons aussi :
http://fr.blog.360.yahoo.com/blog-FmUS56Y1eqimqNrfxwgRgcY-?cq=1&p=321

vendredi 8 août 2008

La Chine et la grande mansuétude de l'Empereur



On sçait que les Chinois cultivent les Lettres ; elles sont pour eux un moyen de parvenir à la fortune ; mais il faut que les Lettrés soient extrêmement circonspects dans leurs Ouvrages. Le fait suivant, rapporté par un Missionnaire, en est la preuve & présente un exemple terrible de la sévérité du gouvernement chinois. Un Lettré du Kîang-Si , âgé de soixante ans, qui vivoit dans sa province où il s'amusoit à écrire, eut un ennemi ou plutôt un jaloux qui l'accusa d'avoir osé toucher au grand Dictionnaire de Kang-hi & d’en avoir fait un Abrégé dans lequel il n'avoit pas craint de contredire quelques endroits de ce Livre ; d'avoir eu l'audace d'écrire dans la Préface les petits noms de Confucius, ceux des ancêtres de l'Empereur, & celui de l’Empereur lui-même ; & dans d'autres Ouvrages, d'avoir prétendu descendre de Hoang-ti. Le Lettré fut cité devant un tribunal ; il se défendit, mais on ne laissa pas de le condamner & de le trouver coupable de lèze-majesté au premier chef, parce qu'étant Lettré il étoit instruit des loix & des coutumes, & ne pouvoit pêcher par ignorance.


Les Juges dirent que, selon les loix de l'Empire, le criminel devoit être coupé en pièces, ses biens confisqués, ses parens au-dessus de seize ans mis à mort, ses femmes, ses concubines & ses enfans au-dessous de seize ans exilés & donnés pour esclaves à quelque Grand de l'Empire.

Cette sentence fut envoyée à l'Empereur suivant l'usage. Voici ce que ce Prince prononça :

« Je fais grâce au Lettré sur le genre de son supplice ; il ne sera pas coupé en pièces ; qu'on lui tranche la tête. Je fais grâce à ses parens ; pour ses fils, qu'on les réserve pour la grande exécution de l'automne ; que la loi soit exécutée dans ses autres points. »

Ici, dit le Missionnaire, un mot contre le Gouvernement est puni de mort, & même avoir lu un Livre qui en parle mal, c'est un crime capital. On voit que cette sévérité s'étend également sur de simples points de Littérature que l'Empereur décide.

C'est cependant ce Prince qui est actuellement occupé à former une Collection digne des plus grands Monarques de l'univers. Il veut rassembler tout ce que la Chine a de mieux en bons Livres, soit manuscrits, soit imprimés, pour les faire imprimer sous un même format & dans un seul corps. Cette Collection doit contenir six cent mille volumes qui seront tous imprimés à l'imprimerie du palais. Le Missionnaire, auteur de cette Lettre, dit qu'il y en a trois faits par d'anciens Missionnaires concernant la Religion Chrétienne, qui doivent y entrer. …

Le journal des sçavans pour l’année MDCCLXXXII, avril.

Le texte dans son orthographe originale a été reconstruit après 1 bonne heure de corrections laborieuses à partir de la numérisation merdique réalisée par Google-books : voir en effet la version texte interprétée à partir d'une numérisation image à peu près correcte !
Un mot sur quatre au moins est mal reconnu ou mal découpé : c'est plus de 120 erreurs sur 440 mots environ, ceci pour un logiciel d'OCR qui se prétend à la pointe mondiale.
Erreur systématique de non reconnaissance des "s" à l'ancienne, qui ressemblent trop, il est vrai, au caractère "f" sauf à la fin des mots. "Missionnaire" est ainsi interprété indifféremment "Miffîonnaire" ou "Millionnaire". Bref, le logiciel n'est pas au point, il n'a pas été paramétré pour la typographie antérieure à la fin du XVIIIème siècle.
Pourtant, l'oeil attentif distingue parfaitement le "S" du "F" dont la barre horizontale traverse nettement la hampe verticale :


Le plus curieux dans cette affaire, c'est que les pages numérisées et "reconnues" ou interprétées par l'OCR de Google-books ne sont pas indexées par le moteur de recherche du même Gogueule : la recherche textuelle n'est ouverte que dans le cadre de l'application "google-books" mais n'est pas communiquée au reste du réseau par le moteur général !

http://tinyurl.com/5ewfoo
Conclusion : si Gégé Collomb numérise par Google-books et à tour de bras la bibliothèque de Lyon comme l'empereur de Chine en fit le projet, espérons de lui la même mansuétude que celle de l'Empereur !

mercredi 18 juin 2008

Nicolas Sarkozy orders up Air Bling One



Le Sunday Times de Londres ironise à propos d'un futur "Air Bling One", expliquant que Carla Bruni-Sarkozy serait prête à prendre en charge la décoration intérieure d'un nouvel Airbus A 330, doté d'une salle de conférence et d'un bureau, capable de rejoindre n'importe quel endroit du globe sans escale.

LE MONDE | 17.06.08 | 14h33 • Mis à jour le 17.06.08 | 14h33